1960 l’informatique signe du déclin de la civilisation

Ordinateur année 1960

1960 l’informatique signe du déclin de la civilisation; En 1968, j’ai volé un bouquin. L’avenir était menaçant, la librairie assez peu surveillée, mon sens moral inexistant, ma bourse totalement vide, j’avais des excuses (toutes mauvaises). Titre de l’ouvrage : « Les Ordinateurs, mythes et réalités », de Jean-Marc Font et Jean-Claude Quiniou, dans la prestigieuse collection « Idées » chez Gallimard, collection qui alignait, entre autres, des livres de Camus, de Sartre, de Freud, d’André Breton, de Marcuse. Ça volait haut. Donc, devant l’irruption de l’informatique, qu’allions-nous devenir ? Tout le monde répétait alors, sur tous les tons, que l’homme-devait-dominer-la-machine, et la-machine-ne-devait-jamais- prendre-le-pas-sur-l’homme. Bien pénétré de cette philosophie portative après avoir vu « Planète interdite » (avec Walter Pidgeon et Robbie le robot), je voulais me documenter. Font et Quiniou allaient m’éclairer, palsambleu !

Le livre commençait bien. Premières lignes :« L’homme est paresseux et pantouflard ; pour nourrir et compenser ses défauts, il lui faut faire preuve d’astuces. Du levier à la grue géante, de la brouette au bulldozer et du boulier au littératron… »

Les auteurs assuraient que l’ordinateur (qui avait alors la taille d’une armoire normande) n’avait rien de mystérieux ou d’incompréhensible, et que le littératron – grosse machine à écrire auto-pilotée – produirait, tout seul, des chefs-d’œuvre littéraires dignes de « Guerre et Paix » et du « Cave se rebiffe ». Certes. Mais la description des transistors, des ferrites, des engrenages, des bits, des périphériques, des logons, des cartes perforées, était passablement obscure. « Si le lecteur veut se faire une idée des représentations binaires, nous lui conseillons de prendre, dans la série croissante des nombres habituels, ceux qui ne comportent que des 0 et des 1 : 0, 1, 10, 11, 100, et de les mettre en colonne. En face, mettre les nombres croissants successifs, 0, 1, 2, 3, 4. On aura ainsi constitué la table de correspondance binaire-décimal ». Bien. « Ainsi, 3145 devient 0011 – 0001 – 0100 – 0101. Et 45 est représenté par 0100-0101 en codage alphanumérique… » Euh, pardon les gars, mais là, j’ai mal à la tête. « En France, le système CMC7 mis au point par Bull est basé sur le principe suivant : les chiffres sont représentés par 7 bâtonnets entre lesquels les 6 intervalles sont répartis en deux longs et quatre courts… Ce qui donne C 2/6 possibilités » Là, j’avoue, j’ai été me coucher, résolument paresseux et pantouflard. D’autant plus que pour tripoter un ordinateur, il fallait pratiquer un langage ésotérique, le Cobol, l’Algol ou le Fortran. Les deux auteurs concluaient : « L’informatique est la paraboloïde de la révolution ».

L’informatique déclin des années 1960

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